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mercredi 8 février 2017

Salubrité publique : Ça pousse à réfléchir…ça pousse à dénoncer !

Salubrité publique :
Ça pousse à réfléchir…ça pousse à dénoncer !

Ce n'est pas la pluie qui nous est anodine à Kinshasa…ça nous apprendra à être né sous les tropiques, il ne faut pas s'en plaindre.
C'est plutôt l'absence flagrante d'une politique de gestion des eaux de pluie et des déchets qui tétanise plus d'uns dans la ville, surtout après le passage de dame la pluie !

A votre avis, à quand remonte le dernier curage des caniveaux sous-terrains de la ville-province  de Kinshasa? Je ne parle pas du déblayage qu'on encourage même si c'est sporadique…Je parle du curage des égouts…Je parle du vidage des poubelles publiques. Comment curer ce qui n'existe plus, me ferait-on savoir…
Je dénonce le manque total d'une politique de gestion des eaux de pluie, des poubelles publiques…et j'en passe. Plusieurs facteurs pourraient expliquer cette carence  mais j'en épingle ici, un seul : la municipalité.
A qui a-t-on confié la gestion aux quotidiens des administrés  de chaque commune ? Auprès de qui font-ils rapport de leur gestion au quotidien ? D'où nous proviennent-ils ?
Bon, acceptons qu'ils aient été placés-là… par ceux que nous connaissons tous, comme on dit chez nous…Mais ont-ils depuis leur prise de fonction, fait part de leurs projets de société maintenant qu'ils nous gèrent ?
Administrer n'est pas que faire la ronde du Samedi salongo…encore que les outils aratoires (houe, pele, bèche, brouettes…)sont à nous car acheter avec nos propres moyens.
Ailleurs, le bourgmestre est pour commencer, de la même souche communale que les administrés : cette proximité lui permet de palper du doigt, les réalités et difficultés rencontrées par ses administrés.  Il est un peu à l'abri de mauvaises surprises car il arrive à prévoir les choses, ils arrivent à anticiper. Et l'administré se sent impliquer dans la gestion de sa commune. Il comprend les décisions prises et fait des propositions si c'est nécessaire via leurs délégués.
A Kinshasa, ça c'est une autre paire de manche…on en compte à peine, ceux qui vivent dans la même commune que leurs administrés.
Où sont passés nos chefs de quartiers ? Ils s'étaient des relais entre la base et la commune à une époque bien lointaine dans mes souvenirs…Qui se charge aujourd'hui de rapporter qu'une telle  avenue est menacée d'érosion ou d'un quelconque autre danger ? Les services de salubrité publique où sont-ils passés ?
Un problème d'argent ? C'est faux ! C'est un problème d'hommes et de volonté politique.
La perception des taxes sur étalage n'a souffert d'aucune crise, depuis lors. Ce n'est un secret pour personne, tout Kinshasa est un véritable marché : à chaque coin de rue, on trouve soit un étalage, soit une boutique,  soit une terrasse…au pire de cas, on croise même  le vendeur ambulant qui sillonne les avenues-phares. On n'a pas le choix, il faut faire avec. Mais avant de mettre en place une caisse spéciale pour curer nos caniveaux ou vider nos décharges publiques, que fait-on de l'argent perçu du contribuable dans chaque commune ? Comment expliquer à un résident de Kinshasa, commune du marché central, l'enclavement de sa commune après la pluie, en dépit des recettes qu'assure ce central commercial?
Pourquoi ne pas diversifier nos ressources pour chaque commune ?
Par exemple, les stades municipaux récemment inaugurés peuvent servir des  sources de revenus pour chaque commune en organisant tournois et autre activité grand-public.
Les frais de parking perçus par nos chers sous-commissariats en échange d'une sécurité rapprochée du véhicule garé pendant la nuit (même si on sait que  la police a le devoir de protéger les citoyens et ses biens), peuvent effectivement être mieux canalisés pour un intérêt général au lieu que ça ne se termine dans la poche du commandant.
Le Stade de Martyrs offre un espace à perte de vue inexploité : pourquoi n'est pas en faire un parc d'attractions ?
Notre cher jardin botanique avec sa diversité d'arbres ressemble à une forêt hantée tellement que plus personne n'y va pour visiter. Chaque bourgmestre peut motiver les écoles de sa circonscription d'y amener les élèves.
Le jardin zoologique ressemble à un trou-noir, il n'y a presque plus aucune espèce spéciale à découvrir. Pire, on assiste à son morcellement depuis un temps, dans le silence total de tous.
Pourquoi n'avons-nous pas de revues publicitaires dédiées à chaque commune pour promouvoir les activités socioculturelles qui s'y organisent. Chaque annonceur pourrait y trouver une vitrine pour se faire connaitre. L'argent encaissé pourra être affecté à un assainissement des avenues…c'est tout bénéfice.  Je pourrais aller d'exemple en exemple, tellement qu'il y a beaucoup à faire. Je vous invite à y réfléchir.
Si le poisson commence à pourrir par la tête, à Kinshasa la gestion de la municipalité serait  l'arbre qui cacherait la grande  forêt.

Jean-Serge Onyumbe
Analyste politique & Expert en communication
Coordonnateur du Cadre Jeune & Vieux

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