Fady Ambroise

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dimanche 24 mai 2020

Le Coronavirus n'en revient pas de ce qu'il subit comme traitement en RDC

La sphère congolaise est capable de faire parler même les muets. Depuis le début du confinement je n’ai pas écrit au sujet du Coronavirus sur ce blog, mais ce n’est pas la matière qui manquait. Ah Kinshasa, ata olobi oko koma te, mais makambu ezo salema kaka na misu nayo. Osala boni ? Awa covid19 ekomi shida !

Cette pandémie fait des ravages, des perturbations, et tant d’autres aléas parmi lesquels le ralentissement des activités économiques. Afin d’empêcher la « circulation du virus », les gestes barrières ont été recommandés. À ces mesures ont été rajoutées : la fermeture des établissements d’enseignement ; la fermeture des bars – terrasses – restaurants ; la fermeture des églises ; la suspension des rassemblements de plus de 20 personnes, ce qui impliquent les fêtes, funérailles et autres sorte de célébrations ; la réduction de passagers dans le transport en commun ; la déclaration de l’État d’urgence ; la fermeture de toutes les frontières de la République, suspensions des vols et la mise en quarantaine de la ville de Kinshasa ;… et plus tard le port obligatoire des masques dans les lieux publics. 

Ces mesures, bien que sanitaires, ont perturbé plus d’un ménage. Déjà que la majorité de congolais, plus précisément des Kinois, ne vivent que de l’informel. Les sièges de plusieurs entreprises et institutions étant concentrées à la Gombe, le confinement de cette commune a paralysé tout Kinshasa : certains employeurs ont suspendu les contrats avec leurs travailleurs, d’autres (comme des banques) ont décentralisé leurs activités et personnel dans d’autres communes ; les prix des biens de première nécessité ont très remarquablement augmenté. Que faire ? C’est le Covid19 le responsable. Personne n’était préparé !

Le Covid19 a été l’objet de plusieurs théâtres dans la scène congolaise, perturbant le Covid lui-même. Au point de ne pas en venir qu’on ne puisse pas le prendre au sérieux malgré les décès causés en chine, comme à l’occident. 

Les balbutiements du Ministère de la Santé autour du premier cas du Covid n’avait fait qu’augmenter les doutes sur la véracité de cette maladie au pays. Ainsi, plus les contradictions se suivaient, plus les doutes s’accumulaient : « est-il vraiment malade du Covid ? » ; « N’est-ce pas un montage pour avoir des millions, de l’État et de l’OMS ? » ;… Toutes les raisons se présentaient pour alimenter nos doutes : 

- L’incapacité du Ministère à déterminer la nationalité du premier cas contaminé ; 
- Le spectacle des policiers devant l’hôtel où résidait le patient, d’abord sans masques et en suite avec masques devant la caméra ; 
- L’interview du patient – en stars – pour informer sur sa bonne prise en charge, à côté des gens non-protégés…

Le 6 avril le confinement de la Gombe fut déclenché, la police et l’armée étaient au rendez-vous dans toutes les entrées de cette commune. Étant de la commune voisine, je ne pouvais sortir chez moi sans assister au spectacle ou en être victime. Il faut faire les pieds ou prendre une moto pour arriver à l’arrêt où prendre un taxi. Sur 24, ceux qui souhaitaient accéder en ville passaient au contrôle munis de leur badge d’accès. J’aperçois de l’autre côté de la rue une vingtaine de policiers debout dans la carrosserie de ce véhicule semblable à celui qui transporte les prisonniers. Je me retourne pour tirer attention à ce que racontent les individus avec moi à l’arrêt, parmi lesquels, quelques policiers en tenue civile. L’un d’eux fait son topo, fièrement, sur comment ce véhicule est un parquet à lui tout seul : « les procès ont lieu dans ce véhicule que vous voyez… » ; « les sorts des gens se décident là-dedans avant d’atteindre la Prison de Makala… » ; «…c’est une administration complète avec tout, y compris un OPJ ». Au milieu de son speech à côté de ses collègues en uniforme qui semblaient valider ses dires, je l’interromps avec une question :

– Mais pourquoi les policiers dans le véhicule n’ont pas respecté les gestes barrières ? Regarde comment ils sont coincés entre eux.
– La tenue qu’ils portent est une meilleure protection qui soit ! me répond son collègue. 

Sur le coup, j’ai juste ravalé ma salive et continué mon chemin essayant de comprendre comment cette tenue leur protège contre le Coronavirus au point qu’ils n’étaient plus concernés par les gestes barrières.
Deux semaines plus tard, le port du masque a été rendu obligatoire. Les policiers ont de nouveau vu là l’occasion de racketter les paisibles citoyens. Sans porter ce masque, tu paies une amende de cinq mille francs congolais en cash auprès des agents de la Police sans rien en échange. Ni masque ni quittance. 

Le côté positif de cette pandémie est les changements et nouvelles habitudes qui ont (revu) vu le jour. Là-dessus je me questionne : nous fallait-il cette saleté de Corona pour en arriver là ? Les flâneries ont finies ; l’ambiance a pris fin ; le lavage des mains est devenu un credo ; on s’assoie à présent à l’aise dans le transport en commun ; les églises aux boucans ont mis une pause, les fidèles passent maintenant par Dieu sans intermédiaire et sans payer des frais. Bref, nous avons donné priorité à ce qui est utile. 

Ce qui est marrant dans cette histoire est qu’alors que sous d’autres cieux les malades du Covid19 se plaignent de manque d’une bonne prise en charge, de l’absence des masques ou de respirateurs : chez nous les malades du Covid19 se plaignent auprès du Président de ne manger le Fufu qu’une seule fois par jour au lieu de trois. Rire. 

Malgré nos doutes sur le virus, malgré que le Covid19 est pour beaucoup un moyen d’enrichissement illicite, malgré la maladresse des autorités sur la prise en charge et la communication autour de cette pandémie : le Coronavirus est une réalité, nous avons l’obligation de prendre soin de nous en pratiquant les gestes barrières afin de nous protéger et protéger nos proches !!!

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