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jeudi 8 novembre 2018

275 JOURS & CONTRACTIONS - PARTIE I, Tony ELEBE et Fady-Ambroise DIBAYA

275 JOURS & CONTRACTIONS, 
Une nouvelle de Tony ELEBE Ma Ekonzo et Fady-Ambroise DIBAYA W.



PARTIE I : L’attente

Une attente interminable…, des secondes sans fin… Elles s’égrènent au rythme des battements de mon cœur, lourds…, lents…, parfois saccadés, presque à en suffoquer. Impuissant, je n’y peux rien. Ces corps, bien que miens, sont étrangers à ma chair. Mes jambes flanchent, j’en perds l’équilibre. L’émotion me prend à la gorge, des larmes me montent aux yeux, moi le redoutable. Donnez-moi du répit ! Je soupire après un souffle nouveau, un cri, une délivrance. Non pas les miens toutefois, mais les vôtres, mes bien-aimées ! 

*** 

− Fa, je perds les eaux, me dit-elle. 

Salués par les réverbères qui éclairent l’avenue de la «libération», nous roulions à allure modéré en direction de la clinique Ngaliema, escorté par des aboiements de chiens vagabonds et le craquètement des grillons. À cette heure tardive de la nuit, noire et si calme – il était environ 4 heures du matin – la voie était libre comme un horizon sans fin. Pourtant, Junior, chauffeur de taxi de son état, bien soucieux de sa charge, failli enfoncer une barrière de contrôle de la garde républicaine, juste à l’entrée de l’avenue des cliniques … Ce bon Junior, prévenu de se tenir prêt à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, s’était immédiatement rendu disponible, aussitôt que je l’avais appelé … Fort heureusement, les hommes en armes qui se tenaient là furent cléments envers nous, dès lors qu’ils surent l’état de Stella à mes côtés. Ils mirent donc promptement fin à leur devoir sans se faire prier… 

Arrivé à la clinique, nous fûmes accueillis par les infirmières et le médecin de garde. Elles emmenèrent mon épouse dans une salle proche de la réception. Puis, après quelques examens, le médecin revint me dire : « Le niveau du col n’est pas encore suffisamment avancé et votre épouse n’a pas encore de contractions. Nous allons cependant l’hospitaliser et la garder en observation … ». Ni Dieu, ni l’enfant ne semblaient entendre les prières que nous leurs adressions pourtant depuis plusieurs jours… 

− Calme-toi chérie ! lui répondis-je, tant elle semblait s’inquiéter et s’irriter du dépassement de la date prévue de l’accouchement. Deux semaines déjà ! 

La veille, dans notre chambre à coucher, je posai ma main sur son ventre, m'adressant à son doux locataire : « Owr, nous t’attendons. Tout est prêt. Ne fatigue pas d’avantage ta maman. Viens mon enfant. Viens, s’il te plait ! ». Puis, nous priâmes ensemble, Stella et moi. 

− Ma chérie, vois-tu comme ils sont beaux ces deux-là ? C’est sûr, c’est toi la prochaine ! lui disais-je enthousiaste − sans grande certitude cependant − tandis que l’émotion m’envahissait. 

Il est 9h du matin. Nous sommes installés dans une chambre commune qui accueille huit lits. C’est toujours l’attente, interminable…, notre bébé n’est décidément pas pressé de se montrer au monde. Il reste là, blotti dans le confort du sein de sa mère, sans même se laisser émouvoir ni encourager par la venue des jumeaux que vient de donner la femme qui occupait le lit en face du nôtre. Ses bébés à elle, nés l’un par voie basse, l’autre par césarienne, la précèdent dans la chambre commune, tandis qu’elle demeure encore en salle d’observation, sous anesthésie. Quand elle apparaît enfin, tout le monde lui sourit, l’applaudit. Nous aussi. Nous avons bon espoir. Bientôt nous partagerons la même joie…



Lisez la suite de la nouvelle : « Pas en mai ! » 
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