Les églises de réveil, nos coqs au chômage

J'ai découvert pourquoi nos coqs sont au chômage.

Je suis sorti ce matin pour acheter ce qui manquait à mon épouse pour préparer le déjeuner (un bon fufu accompagné d'une bonne sauce des Ndakala aux aubergines). Il fallait pour cela acheter de l’huile et du sel. Je devais moi aussi en profiter pour acheter du papier toilette et la crème épiderme pour attaquer une acné. Depuis le salon, je pouvais l’entendre me rappeler de ne pas oublier de lui trouver des pains et un bon avocat tout en prenant le soin de me préciser : la couleur, le poids et la taille du fruit. (Elle n’est pas fan du fufu le matin). Je n'avais pas encore atteint la dernière direction pour arriver sur 24 que je comptais 3 églises, deux d'elles étaient face à face et la 3ème fallait compter 6 parcelles après.  Chacune d’elles disposait des bons équipements sonores pour mieux réveiller les voisins et louer l'éternel comme il se doit.

Passer au milieu de ces églises n'est pas si différent de celui qui passe au milieu de Matonge à partir de 17 heure...La scène est presque pareille, du boucan pas possible (même dans une église d'une vingtaine de croyants, on retrouvait des baffles d'une forte puissance comme dans un concert); des danses disproportionnées avec les cantiques en secouant tous les parties du corps : de la pointe d'orteil aux cheveux, en passant par la hanche.  Des animateurs qui acclament le seigneur au même rythme qu'un DJ. On se rend compte là qu'on a à faire à une église que quand le pasteur prononce le nom de Jésus. Faudrait-il encore que ce dernier le prononce bien, car avec les bruits, on risque d'entendre Jezeu à la place.

Le temps que j'avance, la 3ème église avait déjà finie « les matatoli et masajoli », c’était l’heure des offrandes. Le modérateur du culte proclamait avec allégresse chaque type d’offrande qu’il fallait déposer dans le panier (juste dans le champ de vision du pasteur). Il annonce aux fidèles d’avancer avec leurs offrandes ordinaires tout en précisant suivant un ordre décroissant, le montant et devise. (200$, 150$, 100$, 75$, 50$, 100.000Fc, 50.000Fc, 20.000Fc, 10.000Fc, 5.000Fc et 2.000Fc.)

Après les offrandes ordinaires, c’était le tour des offrandes du prédicateur. Le temps que je dépasse l’église, c’était le tour des offrandes du pasteur. Mon Dieu ! Le modérateur excité comme jamais, toute l’église en chaleur, comme-ci celle du soleil ne suffisait pas. Je l’entendais préciser les montants à offrir selon la valeur, insistant que c’est pour bénir le pasteur. Ça me démangeait d’entendre cela, d’entendre ces fidèles se faire dépouiller de la sorte, offrir a seigneur n’était plus une volonté, n’était plus offrir ce qu’on a ou ce qu’on peut, mais plutôt selon les attentes du pasteur qui avait mis en place des versets formatés à son avantage. Je me suis demandé, si tout ce que tu avais à offrir au seigneur ce dimanche comme offrande n’était que 1.000Fc, comment allais-tu faire ? (bon, tu rentreras avec à la maison t’acheter un pain et une omelette car ça n’intéresserai pas au pasteur qui t’a déjà réservé une place en enfer.)
Tout au long de mon chemin de retour après avoir fait mes achats, je me demandais seulement comment nous sommes arrivés là ? Naïf au point d’accepter du n’importe quoi et n’importe comment au nom du Salut. Ces entrepreneurs qui ont évolué en adaptant dans une église les quelques notions marketing qu’ils ont appris, quelques mémorisations des versets bibliques et l’éloquence. Voilà, le tour est joué.  L’objectif principal est de faire des ventes. Contrairement aux bars de Matonge, eux ne vendent pas la bière...En dehors de la musique et des jolies hôtesses, ils ont comme principal produit Jésus. Pour s’assurer que l’église fasse un bon chiffre d’affaire, on avait les cultes en moyenne 5 jours sur 7 (et au moins 2 fois par jour). Cela était interprété par « priez sans cesse ». 

Et les voisins que nous sommes, ça ne nous effleure même pas l’esprit de nous plaindre sur ces tapages au risque d’être taxé de tous les mots à l’image de Satan. On n’a droit chaque jour à un culte le matin pour annoncer la journée et l’autre le soir. Tu n’as même pas besoin de régler ton réveil car nos églises ont remplacées les coqs du quartier. Ce n’est pas pour rien qu’on les appelle « ÉGLISE DE RÉVEIL » !

Arrivé à la maison avec de quoi préparer, le courant était parti chez lui. Il me fallait retourner pour y acheter la braise.

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Commentaires

  1. Hahahaha j'ai l'impression que tu décris ce que je vis sur mon avenue lol

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    Réponses

    1. Lol. C'est triste et marrant à la fois.
      Comme c'est un problème général que connaît les pays en développement, c'est normal de trouver sa part.

      Merci Larissa d'être passée😎

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