Fady Ambroise

Hello ! C'est ici que NOUS partageons sur la vie au quotidien : poèmes, pensées, analyses et interviews. N'hésitez pas à nous laisser vos avis en commentaire !

Abonne-toi par email 📬

vendredi 5 février 2021

"Écoute ! Écoute ! 
Les sanglots des naufragés
Ramenés par les vagues de la mer, 
Les pleurs des aïeux à travers
Les tremblements de terre,…" 
Plume et Flûte

Noyés, broyés par l'eau. Pris en étau entre la mort et la mort, ils pensaient rentrer chez eux - les passagers du Hiace - mais leur chauffeur s'est cru pilote. Voulant voler derrière son volant, c'est dans le fleuve qu'il a achevé sa course. Et depuis, ils n'ont plus remonté. 

Hélas, ce n'était pas une navette.

Les pauvres passagers, le chauffeur et leur bus, n'ont plus refait surface. Le peu d'air disponible, ils l'ont consommé en se débattant. L'eau ayant eu raison d'eux, les poumons ont cédé ! Leurs derniers instants... espoir (?), peur, traumatisme, angoisse, panique, et... vide.

En une fraction de seconde, plusieurs questions ont déambulé parmi lesquelles : « qui prendra soin de mes proches ? » ( Que deviendra mes enfants, ma mère, mon père, ma femme ou mon mari ? ) Des questions qui ont pris l'eau, en même temps que les corps, dans la profondeur du fleuve. 

« Mais Seigneur, j'avais encore des projets... »

Le moyen de transport devient un sarcophage, et le fleuve un Grand cimetière.

Que les âmes de victimes de cet accident du 05/02/2021 dans la commune de Ngaliema reposent paix. Puisse Dieu venir en aide à leurs familles.🥺🙏🏾

Fa Wishiya Dibaya

« Un accident
 inhabituel s'est produit vendredi 5 février matin sur l'avenue du Tourisme dans la commune de Ngaliema à Kinshasa. 
Un mini bus de marque Hiace est tombé dans le fleuve Congo. L' accident a eu lieu non loin de l'Hôpital de la Rive, à quelques mètres de la clôture en tôles où se font les travaux de la Regideso .
Selon des témoins, le mini bus venait du marché central. Arrivé à cet endroit, et pour éviter l'embouteillage, le chauffeur à quitté la route et à emprunté le sentier situé à côté de la route et presqu'au bord du fleuve. Et c'est là que le véhicule a glissé jusqu'à tomber dans le fleuve avec tous ses passagers... » Radio Okapi

samedi 17 octobre 2020


Plaisir d’écrire autour du recueil Plume et Flûte de Fa WISHIYA DIBAYA

Initialement prévue en mars 2020 et reportée à cause de la pandémie de la Covid19, la présentation du livre Plume et Flûte de Fa WISHIYA DIBAYA (paru aux éditions Mabiki en 2019) a finalement eu lieu ce samedi  17 octobre 2020 au Centre Wallonie-Bruxelles, dans le cadre de l’activité « Plaisir d’écrire ».

Sous la modération de l’écrivain Richard ALI et la recension de Pat Le Gourou, le public a eu l’occasion de découvrir le recueil de 37 poèmes de l’auteur ainsi que son plaisir d’écrire dans la salle de la bibliothèque du Centre Wallonie-Bruxelles de Kinshasa, de 11h à 13h.

C’était donc l’occasion pour l’auteur de partager avec l’auditoire sur sa passion d’écrire, son histoire avec la littérature et l’aube de Plume et Flûte. Pour donner à l’assistance un aperçu et le gout du livre, les poètes Florence META et Le Marc Bamenga ont à chacun déclamé quelques poèmes du recueil. Ce qui n’a pas laissé le public indiffèrent.


Pour en savoir plus sur l’œuvre : cliquez ici


Plume et Flûte porté sur les fonts baptismaux par Kathryn BRAHY


Plume et Flûte a ainsi eu l’honneur d’être porté sur les fonts baptismaux par Kathryn BRAHY, la Déléguée générale Wallonie-Bruxelles. 

Après le baptême, l’auteur et le recenseur ont à tour de rôle répondu aux questions des invités.

Pour finir l’activité avec gaieté, l’auteur, l’équipe d'organisation et les invités ont partagé un cocktail. 

L'auteur a également signé les dédicaces à ses lecteurs qui étaient nombreux à acheter l'ouvrage au stand de Mabiki, érigé à l'occasion.

Il faut souligner que les invités se sont vus offerts des sacs cadeaux à leur entrée à la bibliothèque. Un don de la BCDC qui s’est donné le rôle d’être un partenaire à la Littérature congolaise.

Fa WISHIYA DIBAYA

Pour en savoir plus sur l’auteur : cliquez ici

dimanche 23 août 2020

YUMA !

Tongo Etani,
Elenge mobali alamuki
Bilombe na balabala
Bangazami
Bato na balabala
Bapanzani !

Ye ko elenge,
Na monoko mwa ye kaka kelasi
Mpe ndako ya Nzambe.
Masanga ya makasi
To basi,
Etalaka ye te.

Na kati ya batomboki,
Bameli-bangi
Mpe bakuzu,
Oyo ya ye mutu
Kaka na buku
Moyi mpe butu.

Po na baye ya mbula na ye
Azali « Yuma ».
Azwa bakombo nyonso
Kasi akipa te !
Mbakasa, Ngrotobobo,
Tii babakisa « Fumu-ntshik ».
Kasi, akipa te !

Basanza mpe bambula ekoleka
Elenge akokoba kaka
Na kelasi na ye
Wana baye ya mbula na ye
Bakokokoba mpe
Na boyanké na bango :

Bamuzikano na mikili,
Bango bayebi !
Elamba ebima,
Bango balati !
Nzembo ebima,
Bango bayembi !
Ata ya bosoto,
E’sala rien !
Bango koo « ba-branchés »,
Bambati neti collant
Mpe na nse ya loketo,
Neti ekweya !
…Na koseka

Kelasi esilaka te,
Esili !
Yuma akoti ville
Na nse ya moyi,
Se kotambola !

Mikanda na lipeka ;
Sapatu ya kotengama
Neti esila.
Kasi ye mpiko, se koyika !

Wana banzele na balabala,
Mokolo moko te batala !
Elongi ya mpiaka,
Nani akipa !
Ye ko musenzi
Mpe libabe ya fami ;
Asili nde kosila,
Na ya bango matongi.

Lokola nzete ebotaka mbuma
Mpe Nzakomba asalaka,
Koluka na ye epesi lifuti
Yuma azwi musala
Na Ndaku ya Babombi mosolo.

Musala epesi bozui
Elongi ya mpiaka,
Eboti mafuta ;
Esika ya mikuwa,
Eboti misuni.

Bapesi-bakombo balalaka te
Yuma akomi « Prêtre »,
Mbakasa akomi « Prezo ».

Bango koo baye ya mbula naye
Kasi bakobenga ye « Vié » !
Mosolo ebakiseli ye nde mbula ?
To ekitisi nde oyo ya Bayanké ?

Bayanké bakoma bayuma
Yum’ango nde Ngai,
Lelo Mokomi.


"Yuma", un poème du recueil "Plume et Flûte", Editions Mabiki 2019.

Fa Wishiya Dibaya

#PlumeEtFlûte
#LittératureCongolaise
#ÉditionMabiki
#YUMA 


dimanche 9 août 2020

Mon arrière-grand-père était un lion, au vrai sens du mot.

Moi c'est Fady-Ambroise WISHIYA Dibaya, originaire du Kasaï-central, territoire de Demba, District de Lulua, Secteur de Tshibungu, Village de Bena Kayembe. Je suis donc Luba (de Lulua), de père et de mère. 100%.


Mon nom de famille est WISHIYA, nom de mon père (Wishiya Tshinyi). Et son père s'appelait Kabu-Kapu Ndonda (Malu Kabu kapu), et il fut fils de Badibanga Kansela (mon arrière-grand-père). Je suis donc fils de Wishiya Tshinyi et Ntumba Kayembe.


L'histoire de ma famille mérite un roman, c'est d'ailleurs mon projet en cours... L'histoire de ma famille est tellement passionnante et fascinante qu'on se croirait dans un Harry Potter ou un conte. Elle est mystérieuse, sombre, triste et glorieuse en même temps : mais c'est notre identité. Voilà pourquoi j'aime et j'aimerais l'immortaliser pour Nous et les générations futures, nos traditions orales s'épuisent. Les grands-parents cèdent, demain sera nos parents, et après-demain notre tour. Que léguerons-nous ? La mondialisation est sur nos traces et elle risque de balayer notre existence et laisser nos enfants sans MÉMOIRE.


Je vais vous donner un avant-goût de notre histoire en vous parlant de mon nom de famille, « WISHIYA » :


Nos ancêtres n'avaient pas de murs Facebook ou statuts WhatsApp sur lesquels écrire leurs humeurs, guéguerres, gratitudes, attitudes, dédicaces, nargues ou « mbuakela » : alors les enfants servaient de "murs". Le nom à donner à l'enfant devait avoir une signification, une raison, une circonstance.


Hormis les noms par défaut qu'on retrouve aux Kasaï, les noms circonstanciels, les enfants qu'on appelle "Bana ba mapanga"(littéralement les enfants ratés, inattendus ou imprévus tels que : Mbuyi et Kanku (les jumeaux); Ngalula (le garçon né après 3 filles ou plus ou une fille née après 3 garçons ou plus); Ntumba wa Kulu (un enfant issu d'une grossesse que la mère ignore et accompagnée des faits mystérieux...); Mujinga (un enfant né avec cordon ombilical autour du cou); etc.), nous avons des noms des ancêtres qu'on croit s'être réincarné en fonction des signes, des noms des homonymes juste par reconnaissance ou liens et les noms selon les périodes, les circonstances, les événements ou faits autour de la naissance de l'enfant. D'où certains parents donnent à leurs enfants les noms d’insultes, de misères ou injustices subies. On retrouve ainsi chez les Kasaïns les noms tels que : Bipendu (insultes), Bijanu (Critiques ou médisances), Bupela (misère, pauvreté), Mukengeshayi (faites le souffrir), Tuakajika (on nous décima, très souvent dans le cadre d'une famille qui a perdu beaucoup de membres), Malubini (trop de problèmes), Tshibangu (cicatrice), etc.


Ainsi, WISHIYA TSHINYI, nom reçu par mon père à sa naissance, de son père, vient de «Ne Ushiya Tshinyi ? » Qui veut dire que laisseras-tu ? Ou encore mieux : que légueras-tu ?


C'est donc une question à laquelle devait faire face chaque jour, mon grand-père KABU-KAPU, du fait qu'il n'avait qu'une seule fille. Riche de son État, sa richesse était vaine sans héritier. 17 ans après la naissance de sa fille aînée MUSUAMBA, il eut un fils avec LUSAMBA, après avoir épousé-répudié, épousé-répudié, épousé-répudié plusieurs femmes avant elle faute de conception. Et il donna à ce fils le nom de WISHIYA TSHINYI.  Plus tard, il eut une autre fille il le nomma « NTUADILA BUNDU », porte moi pour la honte.


À bientôt pour une suite.

Fa WISHIYA DIBAYA

samedi 1 août 2020

Ta mort un coup de tonnerre 
D’après l’horloge, c’était ton heure 
Un peu dur, un peu triste, 
Dans un cœur meurtri, 
De voir un corps rempli de vie ; 
De voir un être à fleur d’âge 
Quitter la terre, plein d’énergie. 

Tu es parti emportant avec toi, 
Ce que fut Nous ; 
Tu es parti nous léguant dans l’étroit, 
Un grand trou 
L’horizon obscurci, le lendemain,
Un grand flou. 

Aucune mélodie ne sait nous apaiser : 
Les conseils, les prêches, les citations, 
Ne savent nous consoler 
De l’affliction causée par ta disparition.

On doit donc oublier ! 
Ou nous habituer,
S’habituer au vide 
Mais dur de tourner la page. 

Ta mort un coup de tonnerre 
D’après l’horloge, c’était ton heure
Un peu dur, un peu triste, 
Dans un cœur meurtri, 
De voir un corps rempli de vie ; 
De voir un être à fleur d’âge 
Quitter la terre, plein d’énergie.

"Adieu Bolamba", un poème du recueil Plume et Flûte de Fa Wishiya DibayaÉditions Mabiki-2019, que je dédie à tous nos morts, à ma mère, à ceux qui sont partis emportant avec eux notre Nous, ceux dont l'absence continue à nous attrister...

#1erAoût 
#AdieuBolamba
#PlumeEtFlûte
#LittératureCongolaise
#FaWishiyaDibaya

mercredi 29 juillet 2020


Puisque l’écriture est une expression, 
Alors j’écris ; 
Puisque l’écriture est une transmission, 
Alors je lègue ; 
Puisque l’écriture est une expiation, 
Alors je me repens ; 
Puisque l’écriture est une expansion, 
Alors je répands ; 
Puisque l’écriture est une dénonciation, 
Alors je dévoile ; 
Puisque l’écriture est une exposition, 
Alors je m’exhibe. 

J’écris pour demeurer  intemporel 
Dès que j’aurai quitté cet état corporel. 
J’écris pour naviguer, divaguer, blaguer 
Quand chez moi, l’affliction élit domicile. 

J’écris pour le meilleur et les primes de l’écrit ! 
J’écris pour le plaisir de me lire et me faire lire; 
J’écris car l’écriture est ma plume, ma flûte et ma lyre !
Zut ! Je scrute les opprimés, je sculpte les martyres.

Puisque l’écriture est sans espace, 
Pas besoin de case ; 
Puisque l’écriture est un testament, 
J’écris comme un mourant ;
Puisque l’écriture est un  voyage, 
Je lève l’ancre ; 
Puisque l’écriture est une naissance, 
J’y donne mes sens !

"L'écri-sculpture", un poème du recueil Plume et Flûte de Fa Wishiya Dibaya, Éditions Mabiki-2019

#PlumeEtFlûte
#EcriSculpture
#faWishiyaDibaya 
#LittératureCongolaise

vendredi 5 juin 2020

II


Ngaba m’a vu grandir, je l’ai à mon tour vue se dégrader au fur et à mesure que les jours passaient. J’ai vu des clubs sportifs devenir des clubs de « Kuluna », des nunchakus laisser place aux machettes ; des écoles de renom aller de mal en pis ‒ perdre leurs enseignants et ne devenir que des boutiques à diplômes ; des artères principales devenir des lacs ;...


Ngaba a évolué, c’est le cas de le dire : j’ai vu la commune de Makala devenir l’autre bout du monde, à chaque pluie. Ainsi quand il pleut, l’avenue Université qui réunit Ngaba et Makala devient une rivière de boue ; les jeunes chômeurs se voient doter d’un boulot temporaire : transporter les passants au dos (ou dans les chariots) d’une commune à l’autre.


Il y a tellement eu progrès que les jeunes ont trouvé de multiples occupations : si tu n’es pas Kuluna, tu es chargeur des Taxi-Bus et Petita ; des licenciés ‒ toutes les facultés confondues ‒ sont devenus des entrepreneurs, des tenants des cabines téléphoniques et vente papiers mouchoirs.  


L’harmonie y règne tellement que voir un policier s’échanger un bout de chanvre avec un Kuluna est une image fréquente. C’est normal, quand on en a assez de cette vie des « epaka » et « affrontement », c’est dans la police qu’on s’en va prendre la retraite. Tout s’explique par la qualité des policiers qui doivent assurer la sécurité dans ce coin : il suffit juste de savoir tirer.


À suivre...

Partie I - Partie II

Abonne-toi par email 📬

Plume & Flûte, un livre de Fa. Wishiya Dibaya aux Éditions Mabiki

Bonjour chers lecteurs et chères lectrices, Ça fait un bail, je sais ! Mais pour me rattraper : je vous amène une bonne nouvelle, ...